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Le PERCO n’est pas une épargne accessible à tous

Lundi, juillet 5, 2010 @ 08:07
posted by Assuranceviedeces

Créé le 21 août 2003, le Plan d’Epargne Retraite COllectif a su séduire plus de 2,5 millions de salariés, pour un encours de 3 milliards d’euros. L’engouement pour ce placement pourrait encore s’accentuer avec la prochaine réforme des retraites et l’allongement de la durée de cotisation qui, sans remettre en cause le système par répartition, actuellement mis en place, devrait encourager le recours à des dispositifs de capitalisation, tels que le PERCO. Même s’il s’agit là d’un bon moyen, pour les salariés, de se constituer un complément de retraite, il convient de noter également que son utilisation laisse apparaître certaines inégalités au sein de l’entreprise.

Le PERCO, mis en place par l’employeur, dans le but de permettre à ses salariés d’épargner en prévision de leur retraite, leur donne ainsi la possibilité de placer les sommes perçues au titre de l’intéressement et de la participation aux bénéfices, mais aussi jusqu’à 25 % de leur salaire annuel, qui peuvent être complétés, en plus, par un abondement de l’entreprise, l’ensemble de ces montants étant ensuite reversé sous la forme d’une rente viagère ou d’un capital, au moment du départ à la retraite. Le principal intérêt de ce placement réside dans la fiscalité particulièrement avantageuse qu’il présente, les fonds délivrés, en capital, se trouvant totalement exonérés d’impôt sur le revenu, tandis que ceux libérés, en rente viagère, ne se voient que partiellement soumis à cette imposition.

Face à de tels avantages, mais également aux doutes introduits par la crise financière ainsi que par la prochaine réforme des retraites, le PERCO a connu un succès retentissant en 2009, avec une augmentation de plus de 41 % du nombre d’entreprises le proposant, portant le total de celles-ci à 111 500. Le PERCO a donc vu le nombre total de ses souscripteurs augmenter à 557 000, représentant une progression de 26 %, qui lui a également permis d’enregistrer une hausse de 63 % de son encours total, pour un capital moyen investi de 5 417 €.

Si ces chiffres démontrent un bon résultat, il convient de souligner le fait que, comme l’avait déjà indiqué, au mois de juin 2008,  un rapport de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, le PERCO fait apparaître certaines inégalités, celui-ci étant plus fréquemment proposé au sein des entreprises offrant les salaires les plus élevés et employant un grand nombre de personnes. Cette disparité se retrouve également entre les différents secteurs d’activité, les plus propices à l’épargne salariale étant représentés par les domaines de l’énergie, de l’automobile, de la banque et de l’assurance.

Il ressort aussi de l’étude effectuée par la DARES que le PERCO connaît un fort succès auprès des professions intermédiaires et des cadres, ceux-ci étant 54 % à bénéficier de ce placement, alors que seulement 38 % d’employés et 43 % d’ouvriers y ont recours. Ceci peut s’expliquer par le fait que le fonctionnement même du PERCO offre de meilleures conditions aux personnes disposant de fonds plus importants, ce phénomène se trouvant, en plus, amplifié par l’abondement qui augmente en fonction du montant des versements effectués par le salarié, accentuant d’autant les inégalités.

Si le PERCO, apparaît comme une bonne solution au problème des retraites, il convient de souligner que, dans certains cas, celui-ci voit son efficacité limitée, les classes les moins bien rémunérées ne bénéficiant pas des mêmes capacités à investir que les catégories socioprofessionnelles plus élevées.

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