L’assurance vie résiste malgré la baisse de rendement prévue

Le contexte actuel de rigueur économique, avec notamment la baisse des emprunts d’Etat, tend à montrer que le rendement des assurances vie, et plus particulièrement celui des contrats basés sur des fonds en euros, risque de continuer à diminuer en 2010.

Avec une collecte s’élevant à 92 milliards d’euros, pour le seul mois de juillet, les épargnants ne semblent toutefois pas prêts à se détourner de ce placement, et encore moins de ces fameux fonds garantis qui se trouvent être, pour cette même période, à l’origine de près de 87 % des dépôts. Restés fidèles à ce placement, malgré une baisse de rendement déjà bien entamée, avec un taux de rémunération moyen ayant chuté de 4,20 %, en 2005, à 3,70 %, en 2009, il est cependant difficile de savoir si cet enthousiasme des Français perdurera, compte tenu des différents événements à venir.

L’assurance vie va, en effet, devoir faire face, prochainement, à de nombreuses difficultés, avec, tout d’abord, une nouvelle atteinte portée à sa rentabilité, du fait du peu d’obligations d’Etat disponibles, mais aussi et surtout, d’une probable modification de son régime d’imposition, celui-ci étant, actuellement, au centre de la chasse aux niches fiscales, lancée par le gouvernement.

Concernant les taux de rémunération, certains experts estiment que cette baisse ne devrait pas avoir de conséquences sur les rendements consentis en 2010, mais qu’elle aura, en revanche, une répercussion majeure dans les années à venir. En effet, même si un bon nombre d’assureurs ont déjà puisé dans une partie de cette réserve, ils pourront, tout de même, continuer à s’appuyer, pendant quelques temps, sur les bénéfices qu’ils ont mis en provision, afin d’amortir la chute. Les fonds en euros investis, en grande majorité, sur des obligations privées devraient également réussir à sortir leur épingle du jeu, dans la mesure où celles-ci ne se composent que d’un investissement faible en obligations d’Etat.

Pour ce qui est de l’imposition, celle-ci ne devrait, pour sa part, pas tarder de faire l’objet d’une réforme, le gouvernement considérant que les fonds garantis, largement sollicités, ne remplissent désormais plus leur rôle, et ne contribuent pas suffisamment au développement des entreprises. Il semble, dès lors, logique que ces fonds en euros seront, sans doute, les premiers à voir leur fiscalité bouleversée, par l’intermédiaire, par exemple, de l’allongement de la durée de ce placement, actuellement fixée à 8 ans, et qui serait susceptible, selon certains experts, d’être augmentée à 12 ans.

D’autres formules pourraient également voir le jour à cette occasion, avec de nouvelles assurances vie, basées sur des fonds en unités de compte, et inspirées du modèle des contrats DSK, tout spécialement créés pour favoriser l’investissement des ménages dans les entreprises françaises, moteur essentiel de toute l’économie du pays.

Jusqu’à présent, l’assurance vie reste toujours, malgré les coups qui lui ont été portés, le placement préféré des Français, avec une collecte nette de plus de 1308 milliards d’euros d’encours, mais la conjoncture du moment risque bien de changer la donne, tout au moins pour les fonds en euros, au profit, pourquoi pas, des contrats basés sur des fonds en unités de compte.

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