Face à un livret A dont le taux n’a cessé de chuter depuis le début de la crise, une partie des investisseurs se sont tournés, depuis août 2009, vers l’assurance vie. Ce début d’année 2010 n’a pas fait exception à ce mouvement, permettant au placement préféré des français, en terme de montant des dépôts, d’accentuer encore plus son avance, enregistrant même des records de capitalisation pour le premier trimestre de l’année, avec une hausse de 14 %.
Alors que la collecte s’établissait à 42,9 milliards d’euros, à la fin du premier trimestre 2010, elle s’est finalement fixée à 54,6 milliards d’euros, au terme du mois d’avril, marquant donc un petit ralentissement dans sa progression, puisque, comme le montre ces résultats, cette dernière reste limitée à 10 %, en ce quatrième mois de l’année.
Si les chiffres actuels enregistrent un certain recul, ils témoignent de la modification du comportement des Français, dont le taux d’épargne n’a pourtant cessé d’augmenter depuis le début de la crise, représentant aujourd’hui près de 17 % de leurs revenus. Le contexte économique actuel incite à la prudence, c’est pourquoi, malgré les faibles rendements qu’il affiche, le Livret A reste encore, du fait de la sécurité qu’il offre, l’un des placements les plus sollicités.
Suivant cette même évolution, les fonds en euros proposés par les assurances vie continuent d’être les supports les plus utilisés dans le cadre de ces contrats ; ceux-ci ont ainsi connu, depuis le début de l’année, une hausse de 8 %, portant le volume de capitaux investis à 47,7 milliards d’euros, alors que les fonds en unités de compte ne représentent que 6,9 milliards d’euros, suite à une progression de 25 % sur la même période.
Il convient toutefois de relativiser les bons résultats enregistrés sur le premier trimestre de l’année 2010 ; la collecte s’étant, en effet, vu amplifier, suite à une baisse temporaire des versements, survenue en fin d’année précédente, en réponse à la dernière réévaluation du taux du Livret A, ayant fait chuter son rendement à un taux historiquement bas de 1,25 %. Le ralentissement observé, au cours de ce quatrième mois de l’année, apparaît, dès lors, davantage comme un rééquilibrage, que comme un réel changement de tendance de la part des épargnants.
Même si la collecte de l’assurance vie, ayant drainé près de 80 % des flux d’épargne financière en 2009, affiche de bons résultats, ceux-ci restent actuellement liés à la faible performance du Livret A, il conviendra donc d‘attendre la hausse de cette dernière, annoncée pour la deuxième moitié de l‘année 2010, afin de savoir si l‘assurance vie a réellement su s‘imposer auprès du grand public.
Dans ce contexte de crise, il est également intéressant de souligner que l’assurance vie présente un grand nombre d’avantages au niveau de l’économie du pays tout entier ; en effet, pas moins de 18 % des fonds qui y sont collectés sont investis en actions d’entreprises, et 23 milliards d’euros ont déjà permis à des PME, à fort potentiel, de se développer. Cet investissement est donc d’autant plus important qu’il apporte une réelle stabilité au marché, les épargnants étant encouragés, par des mesures fiscales, à maintenir leur placement pendant une durée minimum de 8 ans ; délai que la FFSA envisage même d’augmenter à 10 ans.
